Élections présidentielles de 2026 en Amérique latine : Colombie, Pérou…
- LatamSinFiltro

- il y a 1 jour
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En 2025, des élections présidentielles ont été célébrées au Honduras, en Bolivie et au Chili et dans chacun de ces pays, la droite a remporté les élections :
Honduras : Nasry Asfura
Bolivie : Rodrigo Paz
Chili : José Antonio Kast

La semaine dernière, au Costa Rica, Laura Fernandez, candidate conservatrice choisie pour succéder au président sortant Rodrigo Chaves du parti Progrès Social Démocratique (PSD ou PPSD, centre-droit), a remporté le premier tour des élections avec 48,8 % des voix. Un second tour ne sera pas organisé puisque cette dernière a obtenu plus de 40 % des suffrages.
Avec toutes ces victoires de la droite en Amérique latine, voici donc à quoi ressemble la carte politique de la région à fin janvier 2026 :

Et si on parlait maintenant des élections présidentielles qui se tiendront en 2026 en Amérique Latine ?
Pérou - 12 avril 2026
36 candidats sont inscrits sur les listes électorales pour les élections de 2026, un nombre record dans l'histoire du pays ! Le Pérou compte en effet de nombreux partis politiques et donc beaucoup de candidats aux présidentielles. Malgré un taux de participation de 70 % lors des dernières élections, les Péruviens semblent divisés quant au candidat qu’ils vont choisir pour prendre la tête du pays.
Parmi tous ces candidats, deux sortent du lot :
Rafael Lopez Aliaga : maire de Lima, issu du parti d’extrême droite Force populaire et partisan de Donald Trump. Face aux problèmes de délinquance et de crime organisé (que nous évoquerons un peu plus bas), Lopez Aliaga défend et promeut la technique Bukele qu’il qualifie de miracle. Son parti a d’ailleurs été à l’origine de la demande de destitution de la présidente Dina Boluarte en 2025.

Keiko Fujimori : Keiko est la fille de feu l'ancien président conservateur Alberto Fujimori décédé en 2024. Lors des élections présidentielles de 2021, Keiko a perdu avec 10,9 % des voix face à Pedro Castillo (15,4 % des voix), qui a ensuite été destitué en décembre 2022.

Entre la profonde crise politique et le sentiment d’insécurité, le prochain président péruvien a du pain sur la planche :
Le plus grand défi auquel sera confronté le prochain président sera de surmonter la crise politique que connaît le pays depuis plus de 15 ans. Lors des dernières élections présidentielles péruviennes, les électeurs ont choisi Pedro Castillo, un enseignant lambda, dont la photo n'apparaissait même pas à la télévision.
Par ailleurs, la criminalité et l'insécurité sont les principales préoccupations des Péruviens. Selon l'Observatoire National de la Planification Stratégique, entre 2011 et 2024, le pourcentage de la population âgée de 15 ans et plus ne se sentant pas en sécurité au cours des douze derniers mois est passé de 82 % en 2011 à 86 % en 2024. Cependant, au cours de la même période, la proportion de la population âgée de 15 ans et plus ayant été victime d'un acte criminel en zone urbaine a diminué, passant de 40,0 % en 2011 à 27,1 % en 2024.
En octobre 2025, le ministère péruvien de l'Intérieur a indiqué que d'ici 2030, « On estime que 17 % de la population sera victime d’un crime quelconque, tandis que le taux d’homicides atteindra les 5,4 %. ».
D’une part, l’insécurité a plusieurs conséquences négatives sur l’économie : augmentation des coûts liés à la criminalité, hausse des dépenses judiciaires, fuite des cerveaux, baisse de la productivité…
D’autre part, l'insécurité au Pérou est un problème structurel et multiforme. Elle est d'abord liée à la crise politique que traverse le pays : les changements constants de chef d'État et de gouvernement ont empêché la mise en œuvre d'une stratégie à long terme pour lutter contre la criminalité. Les institutions ont été fragilisées par la crise politique et par de nombreux cas de corruption. De plus, les forces de police manquent de moyens.
Colombie - 31 mai 2026

D'après les données de La Silla Vacía*, en janvier 2026, le taux d'approbation du président Gustavo Petro était de 42 %. Le président de gauche, qui a fait face à de vives critiques dès le début de son mandat, a vu son taux d'impopularité chuter à 51,6 % ces derniers mois. À titre de comparaison, ce taux avait atteint 60 % en 2024.
*Vous pouvez consulter la méthodologie utilisée par La Silla Vacía pour calculer le taux d'approbation/désapprobation pondéré de Gustavo Petro : https://www.lasillavacia.com/silla-nacional/ponderador-de-encuestas-de-petro-su-aprobacion-crece-en-ano-electoral/
La présidence de Gustavo Petro fut marquée par une sorte de blocus législatif qui entrouvrit la mise en œuvre des réformes promises durant sa campagne électorale. Beaucoup de ministres ont été changés, et le gouvernement ainsi que le président ont été accusés de corruption à de nombreuses reprises.
La gestion du conflit armé et la politique de Paix totale de Gustavo Petro basée sur le dialogue et la négociation avec les acteurs du conflit (groupes paramilitaires, guérillas), a été vivement critiquée par l’opposition. Ses résultats ont été très limités et le sentiment d'insécurité dans le pays demeure élevé.
Un autre point très important du mandat de Petro : les relations avec les États-Unis.
Alors que les États-Unis et la Colombie entretenaient de bonnes relations sous l'administration Biden, la situation s'est un peu compliquée avec le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche. Les relations entre Trump et Petro ont été marquées par des hauts et des bas : mise en place de nouveaux droits de douane ; expulsion de migrants colombiens ; désaccords sur la situation au Venezuela ; accusations de Trump selon lesquelles Petro serait impliqué dans le trafic de drogue de la région ; menaces d'intervention en Colombie.
Historiquement, la Colombie est un allié des États-Unis et la droite colombienne traditionnelle a toujours veillé à maintenir de bonnes relations avec la puissance nord-américaine. Cependant, l'arrivée au pouvoir de Gustavo Petro et de la gauche (n’oublions pas que l'élection de Petro marque la première fois en 200 ans que la Colombie est dirigée par un président de gauche) a affecté les relations bilatérales. Tout au long de son mandat, Petro n'a pas hésité à exprimer ses désaccords avec le président américain.
Mais ces dernières semaines, les tensions se sont apaisées grâce à plusieurs initiatives diplomatiques : des échanges téléphoniques et une visite du président colombien à la Maison-Blanche début février au cours de laquelle les deux chefs d’État ont pu partager leurs points de vue sur la lutte contre le trafic de drogue dans la région. Quatre mois avant les élections, cette visite a été stratégique et surtout essentielle afin de rassurer les Colombiens et consolider la base électorale de la gauche.
La gauche a également remporté d'autres victoires telles que l'augmentation de 23 % du salaire minimum, passant de 1 423 500 pesos à 1 750 905 pesos colombiens.
Malgré le taux de satisfaction assez faible du président Petro et un mandat compliqué, la gauche colombienne dispose tout de même d'une base électorale solide capable de rivaliser avec la droite qui connaît pour sa part des divisions :
La droite colombienne traditionnelle a été affaiblie par la condamnation de l'ancien président Álvaro Uribe, accusé notamment d'avoir manipulé des témoins pour faire emprisonner le sénateur Iván Cepeda qui l'avait accusé de corruption et de financement de groupes paramilitaires.
L'émergence de nouveaux candidats “outsiders” qui viennent briser le système politique bipartite en Colombie : l'avocat italo-colombien Abelardo de la Espriella tire profit des divisions au sein de la droite traditionnelle et gagne en popularité.

L’enregistrement des candidats à la présidence a débuté fin janvier et se terminera le 13 mars. Parmi les candidats y figurent :
Ivan Cepeda, représentant du petrismo

La journaliste conservatrice Vicky Davila
Abelardo de la Espriella soutenu par le parti Creemos, fondée par le maire de Medellín, Federico (Fico) Gutiérrez
Paloma Valencia représentant le parti uribista (de l’ancien président Álvaro Uribe) Centro Democrático.

Le premier tour des élections présidentielles au Brésil se tient le 4 octobre 2026, ces élections seront également cruciales. Les dernières élections de 2022 ont révélé la forte polarisation politique du pays. À 80 ans, le président de gauche Lula da Silva affrontera le parti de Bolsonaro, mais cette fois-ci sans son représentant Javier Bolsonaro, mais probablement avec son fils Flávio.
Sources :
“Observatorio Nacional de Prospectiva”. CEPLAN. Consulé le 4 février 2026. https://observatorio.ceplan.gob.pe.
“Ponderador de encuestas de Petro: su aprobación crece en año electoral”. La Silla Vacía, 14 janvier. 2026. https://www.lasillavacia.com/silla-nacional/ponderador-de-encuestas-de-petro-su-aprobacion-crece-en-ano-electoral/.
Presidencia de la República. s/f. “Salario vital: $2.000.000 a partir de enero de 2026”. Consulté le 4 février 2026. https://www.presidencia.gov.co/prensa/Paginas/Salario-vital-2-000-000-a-partir-de-enero-de-2026-251230.aspx.
Prieto, Jineth. 2025. “Guía para entender el juicio a Álvaro Uribe”. La Silla Vacía, 27 juillet. https://www.lasillavacia.com/silla-nacional/guia-para-entender-el-juicio-a-alvaro-uribe/.




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